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La transition énergétique s'accélère au Maroc

Le 21 septembre 2015 à 10:45

Lors de sa visite au Maroc, François Hollande et Mohammed VI ont lancé les travaux d’un Institut de formation professionnelle aux métiers des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (IFMEREE), premier d’un réseau qui bénéficiera d’un prêt souverain de 10 millions d’euros consenti par l’Agence française de développement (AFD).

La stratégie énergétique du Maroc prévoit de faire passer la part des énergies renouvelables dans la production électrique de 19% en 2010 à 42% en 2020. Les investissements consentis, notamment dans le solaire et l’éolien, témoignent de la volonté du Royaume du Maroc d’entamer sa transition énergétique. S’en suivent des besoins importants de formation professionnelle afin de répondre aux compétences recherchées par les entreprises du secteur et améliorer l’employabilité des candidats aux 50.000 emplois estimés d’ici à 2020. Dans cette optique, le ministère de l’éducation et de la formation professionnelle (MENFP) a prévu la mise en place de trois Instituts de formation aux métiers des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (IFMEREE) à Oujda, Ouarzazate et Tanger.

En réponse aux besoins anticipés par les professionnels du secteur, les instituts formeront des techniciens dans six spécialités : exploitation et maintenance d’éoliennes, installation et maintenance du matériel solaire thermique et photovoltaïque, maintenance et exploitation de l’électricité solaire thermodynamique (CSP), efficacité énergétique, exploitation du gisement du biogaz, valorisation du biogaz. Les trois instituts ambitionnent de former 1.500 techniciens par an en phase initiale. L’institut d’Oujda devrait ouvrir ses portes en septembre 2015. Celui de Tanger devrait être opérationnel en 2017. Sa capacité d’accueil sera croissante, passant de 380 la première année à 890 en 2021 (formation diplômante, qualifiante et continue confondus). Le coût total pour les trois instituts est de 285 millions de dirhams (26 millions d’euros). Depuis 1999, l’AFD a octroyé quatre concours totalisant 62,2 millions d’euros. Ses financements ont bénéficié à treize secteurs de l’économie, qui ont été proposés par le Gouvernement marocain, et concernent vingt-cinq centres de formation professionnelle. 

A l’issue de cette visite à l’IFMEREE de Tanger, les deux chefs d’Etat ont signé un « appel de Tanger » pour le climat, prélude à la COP21, conférence des Nations Unies sur le changement climatique, qui se tiendra à Paris, à partir du 30 novembre. Le texte mentionne notamment :

- la nécessité d’un accord durable et impliquant une révision régulière des engagements à la hausse ;

- la mention d’un objectif d’économie décarbonnée ;

- un appel à un accroissement du soutien, notamment financier, aux pays en développement ;

- la situation spécifique des pays en développement et de l’Afrique ;

- la coopération triangulaire de nos deux pays en direction de l’Afrique ;

- la possibilité d’une alliance entre pays du Nord et pays du Sud.

Ce texte s’inscrit dans le double cadre d’une mobilisation marocaine importante dans la lutte contre le dérèglement climatique, et d’une coopération bilatérale approfondie dans ce domaine. Le Maroc doit prendre le relais de la France, en accueillant la COP22, à Marrakech, fin 2016, et les deux pays collaborent déjà, malgré des « intérêts différents », reconnaît une source diplomatique française, tout en se félicitant de l’implication de la ministre de l’environnement marocaine, Hakima El-Haite, pour la conclusion d’un nouvel accord contre le dérèglement climatique. Mohammed VI, qui signe rarement des déclarations sur des sujets internationaux, marque ainsi publiquement son soutien diplomatique à François Hollande, lequel entend faire de la COP21 un temps fort de sa présidence.

 

 Appel de Tanger (Texte intégral)

Contact: yasmina.elaoufir@ines-solaire.org